Test Starfield : L’occasion manquée de Bethesda ?

par | 9 Oct 2023 | Mise en avant, PC, Tests, XBOX

Après 25 ans sans nouvelles licences phares. Bethesda, studio légendaire notamment père de The Elder Scrolls: Skyrim, nous embarque aujourd’hui dans une aventure spatiale dont nous sommes le héros: Starfield. Entre explorateur cherchant ce qui dépasse la compréhension humaine et contrebandier de l’espace manipulateur Bethesda a axé sa communication sur la liberté offerte aux joueurs dans son épopée spatiale. La question qui se pose est: ont-ils réussi leurs paris ?

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Un bon RPG déjà ?

Les jeux dits RPG (pour “Role Playing Game” en anglais) sont des jeux focalisés avant tout autour de la liberté de choix du joueur. Création et customisation de son personnage en début de partie, dialogue à choix multiple et conséquence à nos actions et choix durant l’aventure voilà le cahier des charges d’un RPG. Et sur ce point Bethesda s’est dépassé. Si bien sûr on retrouve l’affrontement frontale et la furtivité comme première solution évidente pour venir à bout de Starfield, le vol, le soudoiement et la persuasion sont aussi des chemins alternatifs pour de nombreuses quêtes (et même le boss final, c’est dire !).

La création de son personnage rejoint cette idée par sa grande diversité. Que ce soit pour le physique de son personnage, où les développeurs nous ont laissé une liberté correcte, mais surtout pour ce qui est du passé et des capacités de notre protagoniste. Cette approche en plus de pousser le joueur à réellement imaginé une histoire autour de son personnage, va en plus pousser la spécialisation du joueurs vers telle ou telle approche dans un arbre de compétence long à monter mais très bien remplie.

La multitude de gameplay et donc de vie différente à incarner pour notre personnage est toutefois un peu exagérée. Outre le suivi normal de mission, l’exploration survendue dans la communication du jeu se retrouve assez décevante en jeu, appuyez sur A en boucle sur des cailloux et des aliens pour compléter le pourcentage de scan d’une planète puis ceci en 6 exemplaires pour un système,etc etc… Le gameplay pirate quant à lui (en plus d’avoir une certaine crédibilité dans le lore grâce à la quête de faction associé) bien que extrêmement rentable, notamment pour le vol de vaisseau, reste assez limité. Le vrai métier intéressant que nous offre est en vérité celui qu’on attend le moins: le gameplay industriel.

Si les quêtes en rapport ne semblent pas très palpitantes au départ (ramener 500 unités de plomb bon…) on se retrouve en réalité bien vite devant une tâche imposante. Pour mettre en place une structure industrielle capable de remplir cet objectif le plus efficacement possible, on doit d’abord. Chercher une planète qui accueille le matériau recherché, poser un avant-poste dessus et là commence la spirale de logistique que les joueurs de satisfactory connaissent bien (pas en aussi pousser bien sur mais de bonne dizaine d’heure risque d’être quand même engloutie).

Un gameplay plus complet certes mais meilleur ?

En plus de toute la partie industrielle, la construction d’avant-postes permet aussi la création de base gigantesque et customisable, la construction de défense sous la forme de tourelle et de robot protégeant votre base, etc. Cette grande liberté de création, qu’on retrouve aussi dans la construction libre et très complète de vaisseaux, est un vrai + pour le gameplay du jeu.

Pour ce qui est des combats. Avec une diversité d’armes correctes (corps à corps, fusils à pompe, pistolets, armes à énergie, etc…). Et une option de furtivité sympa, sans être toutefois très bien intégré à la map par contre. Le feeling des armes est très variable, si une bonne mitraillette laser à un plutôt bon feeling à la fin du jeu, beaucoup de fusils imprécis, peu puissant et long à recharger au début du jeu peuvent donner l’impression que les armes sont toutes lourde et sans saveurs pour les nouveaux joueurs. Finalement les armes sont plutôt bonnes et ça reste du gameplay de jeu de shoot classique quoi qu’avec quelques spécificités spatiales.

L’une des plus grandes déceptions du jeu reste au final son système de combat. S’il reste correct sur les points les plus élémentaire du genre, pour les spécificités de gameplay qu’il cherchait à amener on se retrouve avec un sacré gâchis. Je m’explique. Ayant mis la gravité au centre de son histoire et de son lore, l’idée de l’intégrer dans le système de combat semble évidente et très innovante. Mais si on devait s’attendre pour rendre cela intéressant à un système vif, des ennemis réactifs, une assez bonne maniabilités en apesanteurs. Au final les combats en apesanteurs à part montrer encore plus qu’au sol à quel point l’IA peut être buggé et idiote (entre deux éclairs de génie où elle se mettra à vous fuir en ayant pris trop de dégât) offre surtout des combats aux déplacements inutilement lent et peu maniable donnant vraiment l’impression d’une idée gâchée. Sauté en faible pesanteur sur une lune au-dessus d’un ennemi à toute vitesse, voilà ce qui aurait pu donner plus de sens à la mécanique au lieu de rendre l’ensemble des déplacements majoritairement lent et lourd.

Et c’est beau l’espace ?

Tout d’abord la beauté reste un critère très subjectif bien sûr. C’est pourquoi on va se concentrer d’abord sur l’aspect technique du jeu. Comme souvent avec les productions Bethesda, le moins qu’on puisse dire c’est que c’est instable. Malgré des temps de chargements INCESSANT (parfois même au milieu d’une station spatiale d’à peine une quinzaine de salle diviser on ne sait pourquoi en deux) on peut noter des freezes récurrents chez une majorité de joueurs PC, des textures qui bavents, du clipping,etc… En plus de ça les personnage et tout particulièrement ceux qui ne sont pas lié à l’histoire semble particulièrement mal fait, notamment pour le visage et les expressions faciales. On se retrouve avec un résultat plus proche de Skyrim (sortis il y a 12 ans) que d’une production moderne.

Toutefois ces points mis de côtés le jeu réussit à nous offrir des panorama vraiment spectaculaires notamment sur certaines lunes. Observé la voie lactée, l’anneau de poussière d’une géante gazeuse voilà l’une des grande force visuel du jeu et l’une des seules malheureusement qui réussit à s’éviter les déboirs technique qui touche le reste des visuels du jeu. Et même pour les grandes citées du jeu, si certaines ont un design et une identité vraiment propre, les problèmes techniques viennent trop souvent entacher l’expérience.

Et au milieu de tout ça, Starfield semble s’être étrangement concentré sur un point assez insignifiant mais rendu vraiment impressionnant par le travail de Bethesda: la physique des objets. Pas seulement persistant dans l’espace et même dans le temps, nous permettant de poser une peluche sur la table de notre vaisseau échangé avec un autre et le retrouver encore à la même place en le reprenant, mais aussi régissant physiquement avec un réalisme époustouflant. Et si encore une fois le studio semble avoir essayé de faire de cette mécanique particulièrement travaillé quelque chose, à part des caisses explosives si rares et peu utiles que presque jamais exploitées par les joueurs. Et quelques réactions surprises de joueurs voyant un tas d’objets partir dans tous les sens après le jet d’une grenade, ce réalisme ne sert finalement pas à grand-chose car majoritairement inutile pour le joueur et quasi jamais mis en avant pour celui-ci. Encore une fois, une bonne idée, même si c’est une prouesse technique finalement inutile et handicapant le jeu tout entier. Car il est plus que probable que c’est bien à cause de cette physique sur-détaillée des objets que les temps de chargements ont été autant nécessaires.

On s’y croirait presque !

Malgré les nombreux éléments qui perturbent l’ambiance du joueur, Starfield nous offre quand même une ambiance de qualité. Que ce soit visuel, avec une Direction Artistique intéressante pour certaines villes du jeu comme Néon et une véritable esthétique de temples mystique réussis. Ou par la musique, qui sans être marquante ajoute bien au spectaculaires des scènes majeurs du jeu.

Et comme toujours, Bethesda s’illustre surtout dans la crédibilité des petites scènes qu’il nous met sous les yeux. Au même titre que les quêtes les plus marquantes de Skyrim étaient bien souvent celles qui étaient complètement inattendu, Starfield se permet aujourd’hui de nous offrir de petits moments marquants qui découlent de l’exploration du joueurs et crédibilise son univers. Mais en plus d’être bien plus rares et courtes que dans Skyrim, elles ne découlent presque jamais de l’exploration du joueur car de simple point de téléportation dans l’espace. Si tomber au détour d’un temps de chargement sur un casino en apesanteurs remplie de pillard de l’espace est intéressant en plus d’être très court et peu intéressant même pour le lore du jeu on en ressort pas en ayant la sensation d’avoir vécue une aventure.

En plus de ça, une fois posé sur une planète on se retrouve face à un nouveau tueur d’immersion: le procédural.  Car si pendant les premières heures de jeu on peut avoir envie d’explorer les nombreux points d’intérêts sur les surfaces des nombreuses planètes du jeu. On se rend en fait compte bien vite que presque tous les points d’intérêts de toutes les planètes sont copiés collés entre elles car créés procéduralement. Derniers clou dans le cercueil de l’exploration dans le jeu, en plus d’enlever l’intérêt de 80% de la map titanesque de Starfield se permet en plus de briser encore plus l’immersion du joueurs.

Une grande épopée spatiale ?

Si toute bonne quête principale se doit de structurer l’aventure du joueur et lui donner à elle seule une histoire satisfaisante et centrale dans l’univers. Celle de Starfield réussit assez bien sur ces points. Amenant le joueurs à explorer et voir la diversité de gameplay offert par le jeu (comme la construction de véhicule par exemple), elle lui offre aussi une trame narrative intéressante. Sans toutefois être particulièrement marquante, l’histoire principale de Starfield pose des questionnements et des problématiques à la limites du philosophique au joueurs et tout ça dans un contexte de science fiction aux enjeux et thèmes respectés. Quoi que, la mise en scène très légère de presque toutes les missions fait souffrir à la quête principale du jeu la comparaison face à d’autres du genre comme Cyberpunk 2077.

Encore plus intéressantes, créatives dans leurs mise en scènes et prenantes, les quêtes de faction reste le gros point fort de l’histoire de Starfield. Point sur lequel les joueurs devraient s’attarder souvent plus que la quête principale car dépeignant aussi mieux le monde du jeu et ses enjeux. Et si sur la question de la mise en scène, les quêtes de faction font souvent mieux que la quête principale. De nombreuses occasions raté de proposer quelque chose de plus spectaculaire et marquant l’empêche quand même de réellement de se comparer à d’autre jeu du genre.

Mais les personnages n’y sont bien sûr pas pour rien. Malgré une mécanique de compagnon qui nous incite à partager notre aventure avec des personnages qui proposeront régulièrement des dialogues au joueurs chargé de créer un lien avec lui. Dû aux expressions faciales de mauvaise qualité, à une écriture insipide ou à un mauvais design. Encore est-il que ces dialogues en plus de ne pas capter l’attention du joueurs ne crée aucun lien avec les personnages, qui continue à sembler donc très artificiel. Heureusement certains rares personnages réussissent bien sûr à toucher le joueurs, ils sont toutefois bien trop rares.

Des bug partout… littéralement

Gâchant presque tout dans starfield, les bug sont innombrables et ternissent réellement l’expérience de jeu. Sur PC c’est pas moins de 3 bug bloquant complètement la progression de la quête principal que j’ai rencontré, chacun d’entre eux demandant des heures de recherches pour trouver un moyen de les contourner. Pour les combats, les ennemis bloqués contre ou dans des murs sont nombreux et de nombreuses quêtes, notamment de minage, était simplement irréalisable car tel ou tel élément du gameplay de minage continué à bugé.

Ajoutez à ça de nombreux bug d’affichage, une synchronisation labiale catastrophique que ce soit en VF ou en VO et des freeze beaucoup trop nombreux. Et, on se retrouve avec une finition certes classique pour Bethesda mais qui n’est pas tolérable quand le reste de l’industrie fait bien mieux sur ce point tout en égalant pour certains les prouesses techniques du moteur de Starfield.

Mais, on note aussi clairement une occurrence moindre de bug sur consoles. Plus facile à optimiser ou simplement d’abord prévu pour cet écosystème et ensuite uniquement adapté en fin de développement pour le marché PC. Cette présence moindre de bug (bienvenue sur un support qui ne permet pas au joueurs de les outrepasser de lui-même) semble faire de l’expérience sur écosystème Xbox la plus optimale pour apprécier le jeu. De mon côté les bug ont presque enlevé un point à sa note finale tant ceux-ci ont dénaturé une expérience qui, sur tant de point, aurait pu être réellement marquante.


6

+Points forts

Possibilités de gameplay divers

Création et customisation des véhicules et avant-postes assez poussés

Gameplay industriel vraiment intéressant et complet

Panorama spatiale réellement spectaculaire sur certaines lunes et design de certaines villes vraiment réussi

Physique des objets rarement vu ailleurs tant elle est impressionnante techniquement

Une quêtes principale intéressante et des quêtes de factions qui approfondissent vraiment le lore


-Points faibles

Exploration quasi inexistante et gâché par le procédural

Le jeu se disperse trop et se retrouve à presque tout faire moins bien que la concurrence

Combat lent et basique au potentiel gâché

IA des ennemis et des alliés catastrophique en combat

Temps de chargements partout et tout le temps qui cassent le rythme du jeu

Immersion gâchée par des expression faciale et une synchro labiale datée

Des bugs incessants (surtout sur PC) qui ruinent complètement l’expérience

Un monde remplie par du contenue procédural et qui se retrouve finalement très vide

Mise en scène dans beaucoup de quêtes quasi inexistantes


3 Commentaires

  1. Amine

    Bravo , incroyable critique

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    • Moulas

      Superbe article aide beaucoup

      Réponse
  2. Skyfox

    Une critique très bien construite et nuancée ont sent le travail derrière cette article j’en demande encore .

    Réponse

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